Le pèlerinage du coeur : abandonner le « moi »

Dans ce voyage  où l’attachement à la vie matérielle est dépassé et où les liens qui nous relient aux biens terrestres, aux plaisirs matériels et imaginaires de ce monde, se dénouent et sont remplacés par des liens spirituels, il ne subsiste plus qu’une seule chose : l’attachement à son moi, l’amour de soi, attachement enraciné et solide qui devient presque invisible et indécelable à force d’évidence. Mais il reste une chose, et c’est celle qui fut le but même de l’itinérant sur la Voie, à savoir la rencontre avec son Seigneur. En fait, tout ce qu’il a accompli jusqu’ici a été accompli pour lui-même.

Autrement dit, il souhaitait conquérir les stations élevées et faire partie des intimes de la Cour divine, sensible à la considération que lui procurent ses perfections spirituelles.  Ainsi, jusqu’ici, il a été question de lui-même, et non de son but initial. Preuve en est qu’à chaque fois qu’il est parvenu à une telle station, il a été envahi par la joie et l’allégresse, mais si ces stations survenaient à un autre que lui, il n’aurait pas exprimé la même joie, pour le moins.  C’est là qu’il aurait dû dépasser son moi et son intérêt pour sa personne. Ce qui devrait attirer son attention et ce qu’il devrait souhaiter ardemment, c’est l’épiphanie, la manifestation de Dieu, et non ce qui est conditionné par son moi. Pour plus de clarté, le « moi » doit s’effacer, et ce voile qui est le plus grand obstacle et le plus grand barrage sur la Voie de Dieu, avant de toucher au but qui est la jonction dans la rencontre avec Dieu, ce « moi », disons- nous, doit être écarté du chemin.

 

Pour éliminer cet obstacle, il existe quelques moyens :

 

  1. Orienter son cœur vers Dieu et affirmer l’unité de l’Essence, des attributs et des actes divins, et par cette voie comprendre qu’à part Lui, tout n’est que vanité, rien.

 

  1. La méditation et la démonstration pour combattre l’égotisme ainsi que le culte du moi et lever le voile de l’âme, dans ce sens qu’il puisse voir que Dieu est un être illimité, dans l’infini antérieur (azal) et dans l’infini postérieur (abad), et un Vivant absolu. Et en même temps se découvrir comme un être limité à tout point de vue, infiniment faible, indigent et dont l’être dépend du début à la fin de la volonté de Dieu. Il ne peut subsister sans Dieu fut-ce le temps d’un clin d’œil.

 

  1. Se traiter par les contraires, cela consiste à chaque fois que cela se présente, au lieu de son « moi », se concentrer sur Dieu et les amis de Dieu (saints) , et se mettre ainsi dans la Présence constante de Dieu .

 

 

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