Saintes musulmanes soufies – chapelet n°1

Les femmes ont toujours occupée une grade place dans le soufisme. Ibn ‘Arabi, grand défenseur du rôle central de la femme dans le monde, pensait que les femmes aussi pouvaient atteindre les plus haut degrés spirituels et la sainteté. Il était d’avis que le féminin était absolument inséparable du masculin, comme Eve étant partie d’Adam.  “ Vous êtes un habit pour elles et elles sont un habit pour vous”, ce passage du Coran souligne cette étroite relation. L’habit représentant  dans la tradition musulmane l’alter ego, la femme serait étroitement lié à l’’homme.

La femme est souvent mentionnée dans le livre saint par les termes “pieuses et croyantes“, et on leur incombe  les mêmes obligations religieuses que l’homme.  Selon la tradition, la première à rentrer au paradis serait Maryam ( la vierge Marie mére de Jésus ) placée au rang des hommes d’élites. Attar dans le mémorial des saints écrit : “Si quelqu’un nous demande : <<pourquoi citez – vous Râbi’a dans le rangs des hommes d’élite ? >> nous lui répondrons qu’il y a un hadith de l’envoyé , sur lui la paix et le salut ! qui dit<< Ne regardez pas l’exterieur d’une personne , mais tenez compte de ses actions et de sa bonne volonté >> Dans le même sens le  passage du Coran “ Dieu ne regarde pas vos apparences mais l’intérieur de vos coeurs “.

Nombreuses sont les femmes pieuses qui furent considéré comme des saintes dans la tradition islamique. Elles sont des perles qui composent le pure et magnifique chapelet de la spiritualité musulmane. Nous découvrirons dans ce premier article de ce chapelet de lumière, trois femmes, trois perles, d’une spiritualité à en rivaliser avec les hommes d’élites.

 

Maryam Al – Basriyya

Maryam était une contemporaine de Rabi’a al Adawiyya avec qui elle vécut. Elle fut à son service et parmi ses disciples. On rapporte qu’elle avait l’habitude de faire des prêches vibrants sur l’amour d’Allah, et que quand, à son tour, elle assistait à des discours sur la science de l’Amour du Divin , elle entrait en état d’extase spirituel.

Et c’est d’ailleurs lors d’une telle séance, alors qu’elle écoutait un prêcheur parler de l’Amour Divin, qu’elle mourut d’extase, avant même la fin du discours.

On rapporte qu’elle veillait toute la nuit en adoration, méditant le verset de la sourate ash Shurah (la consultation) jusqu’au petit matin : «Allah est Doux avec Ses serviteurs».

Elle déclara : «Je ne me suis jamais soucié de ma subsistance, pas plus que je ne suis fatiguée dans sa recherche depuis le jour où j’entendis la Parole de Dieu le Puissant et Glorieux : « Car c’est au ciel qu’est ta subsistance ainsi que ce qui te fut promis. » (sourate ad Dhariyât).

Un poème de Lale Muldur lui est consacrée :

Maryam de Basra

Fut une servante de Rabi’a.

A peine eut-elle fait l’expérience

De l’Amour divin

Qu’elle s’effondra sans connaissance.

Lors d’une séance de Dhikr

Elle mourut subitement d’amour.

Dieu a des servantes semblables à la pluie :

quand elles tombent sur la terre, elles deviennent du grain,

quand elles tombent dans la mer, elles deviennent des perles

 

 

NAFÎSA la dame précieuse

Arrière petite-fille de l’imam ‘Alî (cousin et gendre du prophète Muhammad, paix et salut sur lui), Nafîsa bint al-Hasan (Nafissa qui vient du mot nafis : précieux en arabe) est membre directe des Ahl al-Bayt (« Famille du Prophète »). Bien qu’illettrée , Nafîsa apprit très jeune le Coran par cœur et  avait une grande  spiritualité. Ascèse, elle était détaché de ce bas monde. Ses proches relatent qu’elle ne mangeait qu’une fois tous les trois jours, qu’elle passait la nuit en prières et jeûnait le jour. Sa nièce témoigne : « J’ai servi ma tante durant quarante ans, je ne l’ai jamais vue dormir une nuit complète ou manger le jour ». Elle creusa elle-même sa tombe à proximité de sa chambre et, de son vivant, elle y récita très souvent le Coran. Peu avant qu’elle ne meure, des médecins sont venus à elle, lui demandant de rompre le jeûne. « Cela fait trente ans que je prie Dieu pour mourir en état de jeûne, répondit – elle, et vous voulez que je cesse de jeûner ? ». Elle se mit alors à chanter des vers mystiques.

Des miracles sont rapportés du vivant de Nafîsa , comme Maryam, paix soit sur elle,  la mère de Issa (Jésus) elle recevait des panier de nourriture. Elle était réputée pour son don de guérir les maladies oculaires. Elle dictait de la poésie mystique, et elle-même a fait l’objet de nombreux poèmes d’éloge de la part de oulémas et de soufis réputés notamment al-Busîrî.

Nafîsa, la dame précieuse, l’amoureuse du Coran, la poète mystique, elle réunissait en elle la science et la gnose.

 

Shawana

Une figure intéressante parmi les première ascète fut Shawana, célèbre pour ses pleurs intarissables. Le célèbre Fudayl ibn Iyad lui aurait demandé de prier pour lui.

Al-Ghazâlî, en parlant d’elle, raconte qu’après sa mort, elle était apparue en songe à une de ses amies. Lors de cette apparition, Shawana, très vénérée par les êtres du paradis, lui aurait prodigué ce conseil :

« Accepte que ton coeur soit triste en tout temps et laisse ton amour envers Dieu devancer tes envie. Ainsi, jusqu’à ta mort, rien ne t’arrivera. »

Ibn Arabi, priait Dieu pour qu’Il lui fasse le don des larmes, Shawana le possédait. Notre bien- aimée Prophète Mohammed, paix et salut sur lui, dit  à ce sujet : «Deux yeux ne seront pas touchés par l’enfer,  l’œil qui a pleuré par crainte d’Allah, et l’œil qui a veillé pour Allah…».

 

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la femme est un rayon de la lumière Divine » nous dit Jalal Din Rûmî, laissons donc l’exemple de ces femmes nous éclairer de leur Amour en Allah.

 

(à suivre)

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